Mon verdict sur l’Abandonware : la nostalgie a-t-elle un prix ?
J’ai retrouvé Theme Hospital la semaine dernière. Vous savez, ce jeu de gestion d’hôpital complètement barré où les patients venaient pour une « grosse tête » et repartaient avec une tête normale après être passés dans une machine qui ressemblait à un mixeur géant. 1997. J’avais 12 ans.
Le truc c’est que ce jeu, impossible de le trouver en magasin. Disparu. Évaporé. Jusqu’à ce que je tombe sur ce concept fascinant : l’abandonware. En gros, des jeux vidéo abandonnés par leurs éditeurs, dans une sorte de limbes juridiques où personne ne sait vraiment qui détient les droits. Perso, ça me fait penser à Yonibet qui propose cette plateforme de jeux modernes, mais là on parle de trucs vraiment rétro.
C’est quoi exactement cette histoire d’abandonware ?
Alors voilà.
L’abandonware, c’est ces jeux que plus personne ne vend, que les éditeurs ont oublié dans un tiroir poussiéreux. Ni sur Steam, ni sur GOG, ni nulle part. Techniquement, télécharger ces jeux reste du piratage. Mais dans les faits ? Les ayants droit s’en fichent complètement. Certains studios n’existent même plus depuis 20 ans.
Le site français Abandonware France existe depuis 2003. Vingt ans qu’ils archivent, cataloguent, préservent. Ils viennent de fêter leurs 20 ans en offrant 20 « nouveaux » jeux. Des guillemets parce que nouveau et abandonware dans la même phrase, c’est cocasse.
My Abandonware, lui, c’est le mastodonte du genre. Plus de 30 000 jeux disponibles, de 1965 à 2012. Ouais, 1965. Des trucs codés sur des cartes perforées, probablement.
La zone grise légale qui arrange tout le monde
Franchement, le statut juridique de l’abandonware, c’est le flou artistique total. Les sites qui hébergent ces jeux marchent sur des œufs. Ils retirent immédiatement un jeu si l’éditeur le remet en vente. C’est arrivé avec Another World, disparu des sites d’abandonware quand Eric Chahi a ressorti une version remasterisée.
Les arguments des défenseurs de l’abandonware :
- Préservation du patrimoine vidéoludique
- Jeux impossibles à acheter légalement
- Éditeurs qui ne perdent rien (ils ne vendent plus le jeu de toute façon)
- Documentation historique pour les chercheurs et développeurs
Les contre-arguments :
- Ça reste du piratage, point
- Les droits appartiennent toujours à quelqu’un
Deux camps. Pas trois, pas quatre. Deux.
Les perles cachées de l’abandonware
J’ai passé des heures à fouiller dans ces catalogues. C’est un voyage dans le temps, clairement. Voici quelques pépites que j’ai redécouvertes :
| Jeu | Année | Genre | Pourquoi c’est culte |
|---|---|---|---|
| Dune (Cryo) | 1992 | Aventure/Stratégie | Le premier jeu Dune, mix étrange mais génial |
| Little Big Adventure | 1994 | Aventure | L’univers de Twinsen, unique en son genre |
| Albion | 1995 | RPG | Un RPG science-fantasy méconnu mais excellent |
| Dungeon Keeper | 1997 | Stratégie | Jouer le méchant, révolutionnaire à l’époque |
Les jeux éducatifs de notre enfance
Ah, les jeux éducatifs.
Adibou, Galswin, la série des Carmen Sandiego… Tous ces trucs qu’on lançait en douce pendant les cours d’informatique. Aujourd’hui, ils sont presque tous en abandonware. Les éditeurs de jeux éducatifs des années 90 ont majoritairement disparu. Résultat : une génération entière de logiciels éducatifs flotte dans les limbes du web.
Les point-and-click oubliés
Le genre point-and-click a connu son âge d’or dans les années 90. LucasArts et Sierra dominaient, mais plein de petits studios ont sorti des perles. The Dig, I Have No Mouth and I Must Scream, Beneath a Steel Sky… Des histoires complexes, des puzzles tordus, des univers uniques. La plupart sont maintenant en abandonware.
Comment ça marche concrètement ?
Télécharger un abandonware, c’est pas compliqué. Tu vas sur un site spécialisé, tu cherches ton jeu, tu cliques. Le truc, c’est de faire tourner ces vieux machins sur nos ordinateurs modernes.
DOSBox est ton meilleur ami pour les jeux DOS. ScummVM pour les point-and-click. Parfois, les sites d’abandonware proposent des versions pré-configurées. Un clic et ça marche. D’autres fois… bah, faut bidouiller. Modifier des fichiers de config, jouer avec les paramètres graphiques, croiser les doigts.
Perso, j’ai galéré 2 heures pour faire tourner Syndicate. Le jeu crashait toutes les 5 minutes. Finalement, j’ai trouvé un patch communautaire qui corrigeait le problème. C’est ça aussi, l’abandonware : une communauté de passionnés qui maintient ces jeux en vie.
L’aspect préservation culturelle
Ce qui me frappe avec l’abandonware, c’est le côté musée virtuel. Des milliers de jeux qui disparaîtraient sans ces sites. Les disquettes se dégradent, les CD pourrissent (si si, cherchez « disc rot »), les serveurs d’activation ferment.
L’industrie du jeu vidéo a une mémoire courte. Les éditeurs se concentrent sur le présent et le futur, rarement sur le passé. Sans l’abandonware, une partie de l’histoire du jeu vidéo serait perdue. C’est le paradoxe : techniquement illégal, culturellement indispensable.
Les bibliothèques nationales commencent à s’intéresser au sujet. La BnF archive des jeux vidéo. Mais leur collection reste limitée comparée aux sites d’abandonware.
La communauté derrière tout ça
Faut voir le boulot.
Scanner des manuels de 300 pages. Créer des patchs pour faire tourner des jeux sur Windows 11. Traduire des jeux jamais sortis en français. Documenter l’histoire de studios disparus. Tout ça bénévolement, par passion.
Sur Abandonware France, chaque jeu a sa fiche détaillée. Screenshots, vidéos, tests d’époque numérisés. C’est plus complet que Wikipedia sur certains titres obscurs.
Les questions éthiques qui fâchent
Bon, parlons du mammouth dans la pièce. Est-ce que c’est OK de télécharger ces jeux ? Moralement, j’ai ma petite idée (spoiler : oui pour les vrais abandonnés). Légalement, c’est une autre histoire.
Certains développeurs originaux encouragent le téléchargement de leurs anciens jeux. D’autres restent silencieux. Les gros éditeurs qui possèdent des catalogues énormes ? Ils s’en fichent tant que ça ne concerne pas leurs licences actives.
Le vrai problème arrive quand un jeu abandonware devient soudainement disponible à la vente. Ça arrive régulièrement avec GOG qui ressort des vieux titres. Les sites d’abandonware retirent alors le jeu. Fair play.
L’avenir de l’abandonware
Avec le retrogaming qui cartonne, de plus en plus de vieux jeux ressortent officiellement. C’est cool pour l’accessibilité, moins pour l’abandonware. Des jeux disparaissent des sites chaque mois.
D’un autre côté, de « nouveaux » jeux deviennent abandonnés. Les jeux des années 2000-2010 avec des DRM obsolètes, des serveurs d’activation fermés. La nouvelle génération d’abandonware arrive.
Clairement, tant que l’industrie ne proposera pas de solution pour accéder légalement à TOUS les jeux du passé, l’abandonware continuera d’exister. C’est un mal nécessaire ? Un bien culturel ? Les deux mon capitaine.
FAQ
Est-ce légal de télécharger des abandonwares ?
Non, techniquement c’est du piratage. Les droits d’auteur ne disparaissent pas parce qu’un jeu n’est plus vendu. Dans la pratique, les éditeurs ne poursuivent quasiment jamais pour des jeux vraiment abandonnés. Mais ça reste à vos risques et périls.
Comment savoir si un jeu est vraiment abandonné ?
Vérifiez s’il est vendu quelque part (Steam, GOG, Epic, etc.). Si le jeu a plus de 20 ans et qu’il est introuvable légalement, il y a de bonnes chances qu’il soit abandonné. Les sites sérieux retirent les jeux dès qu’ils redeviennent disponibles commercialement.
Faut-il des compétences techniques pour faire tourner ces vieux jeux ?
Ça dépend. Beaucoup de sites proposent des versions pré-configurées qui fonctionnent directement. Pour d’autres, il faudra installer DOSBox ou ScummVM et bidouiller un peu. Rien d’insurmontable, mais préparez-vous à quelques galères sur les jeux les plus anciens.
Quels sont les meilleurs sites d’abandonware ?
Abandonware France pour le contenu francophone et la communauté. My Abandonware pour le catalogue gigantesque. Les deux sont fiables et existent depuis des années. Évitez les sites louches qui demandent des infos perso ou proposent des téléchargements payants.